Mariage : l'Église n'assure pas le SAV
Vous faites possiblement partie de ces personnes de bonne volonté qui ont un jour choisi de s'engager dans la voie du sacrement de mariage, comme moyen de sanctification. Et pourtant on ne vous a peut-être pas tout dit...
Tout est beau
Lors de la préparation au mariage, vous allez vivre une période magnifique, tout semble presque angélique. L'être aimé est pour vous la preuve que le Bon Dieu a un plan pour vous, et c'est vrai.
Alors, l'Église va vous donner des moyens extraordinaires pour vous faire avancer dans la voie du mariage avec la certitude que vous pourrez tout surmonter. Les outils, questions et formations sont d'un niveau excellent. Le prêtre qui vous prépare va tout faire pour que vous soyez prêts, dans les meilleures conditions, à échanger le grand sacrement le jour J. Tous les éléments concordent pour que ça se déroule parfaitement, et c'est réellement le cas. Ça va bien se passer.
Au terme du temps des fiançailles, le grand jour arrive. Les fiancés sont beaux, tout le monde est bien habillé, l'instant est solennel. L'un et l'autre se reçoivent comme époux et comme épouse. Le prêtre reçoit les consentements et bénit l'union que viennent de réaliser les fiancés. Les plus sensibles verseront même une larme. Mais tout le monde a confiance, le sacrement offre des grâces qui permettront de faire face.
Les beaux jours
Les premières années du mariage sont accompagnées par l'insouciance. Viendront les premiers enfants, ces cadeaux magnifiques qui offrent une occasion unique de conduire ces petits êtres sur le chemin de la sainteté. C'est je crois un immense sacerdoce pour les fidèles.
Et puis le quotidien, la carrière, les projets, les soucis... On avance ! La Foi, la Prière aident à tenir.
Il y aura des tentations, mais la fidélité est plus forte. On sait que ce choix que l'on refait chaque jour est beau, même s'il est souvent difficile.
Jusqu'au jour où...
Et pourtant, il arrive parfois que l'un des deux époux fasse volte-face. La confiance réciproque s'évanouit du jour au lendemain parce que le mari ou la femme retire sa confiance. Alors l'ami devient ennemi. et c'est la Croix qui commence, brutale, insupportable, inévitable.
On va tout tenter pour faire en sorte que ce ne soit qu'une épreuve, un passage. Et ce "passage" va souvent durer de nombreuses années, parce qu'il n'est pas imaginable que Dieu permette l'irréparable. Alors on redouble d'efforts et d'imagination pour remettre le mariage sur les rails du premier jour, on s'oublie, on se sacrifie.
Mais rien n'y fait. L'époux (ou l'épouse) démissionnaire n'entendra pas raison, et va même se servir des enfants pour instrumentaliser sa haine contre l'autre. Car il s'agit bien de haine. Et tout cela va se dérouler tranquillement à l'intérieur de la famille sans que personne n'en sache rien.
Oh bien-sûr on va lancer des appels au secours. Il y aura des entretiens avec des prêtres, qui seront rarement d'une grande aide. Il y aura des conseillers conjugaux, même. Et toujours le déni qui bloque la démarche... C'est infernal, une véritable couronne d'épines.
La décision félone est fatale
Arrive le jour ou après de multiples manipulations et attaques, une séparation de corps généralement forcée, le conjoint va demander le divorce. La notification d'huissier à 7h le lundi matin c'est le coup de massue.
S'ensuivent des années de procédure, d'audiences, d'appels, d'instrumentalisation des enfants à des fins personnelles, de décisions toutes plus injustes les unes que les autres.
Et puis faire face à la solitude, la dépression, l'alcoolisme, la pauvreté, et autres joyeusetés de la vie des hommes (et femmes) malheureux(ses). On en ressort rarement indemne.
On essaie tout de même de continuer à voir ses enfants, à maintenir un lien (dérisoire, puisqu'on n'a plus à intervenir dans leur éducation). C'est une course sans fin qui ne trouve malheureusement pas de solution réaliste. La famille est cassée.
Mais où sont-ils tous passés ?
Quand la séparation est actée, et à plus forte raison la divorce, tous les proches ont disparu. Les amis vous oublient, les couples mariés (soit par peur du récit, soit carrément par prise de parti) ne maintiennent pas le contact. Il y a une rupture sociale radicale et destructrice.
Personne ne veut être confronté à une situation jugée déplorable.
Mais le pire, c'est l'Église. Les prêtres ne sont absolument pas formés à ce genre de situation. Dans le meilleur des cas ils vous écoutent et vous plaignent, sans offrir aucune solution. Mais bien souvent ils ne vous croient pas et vous devenez alors implicitement "le coupable". Et avec le divorce, il vaut mieux pour vous être du côté gagnant, c'est à dire généralement du côté de la femme. Pour le mari et père de famille c'est la bérézina.
Il faut donc bien comprendre que l'Église vous encourage au mariage, vous y prépare, bénit votre union, mais c'est tout. Vous êtes au final les seuls responsables de votre sacrement, et si l'un des deux flanche, alors vous n'avez que la Croix. Il n'y a pas de SAV.
Et cerise sur le gâteau, si par le plus grand des hasards vous entendiez demander à l'Église de se pencher sur l'éventuelle nullité de votre mariage, il vous faudra attendre que le divorce civil soit définitivement prononcé pour ouvrir votre instance. Donc après 3 ans, 5 ans, parfois même 10 ans de procédure civile, vous pourriez repartir dans une procédure ecclésiastique qui prendra plusieurs années. C'est la double peine.
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