Calendrier romain ordinaire (Année A)

Jeudi 2 Juillet

Le jeudi de la 13e semaine du temps ordinaire

En ces jours-là, Amazias, le prêtre de Béthel, envoya dire à Jéroboam, roi d’Israël : « Amos prêche la révolte contre toi, en plein royaume d’Israël ; le pays ne peut plus supporter tous ses discours,
car voici ce que dit Amos : “Le roi Jéroboam périra par l’épée, et Israël sera déporté loin de sa terre.” »
Puis Amazias dit à Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète.
Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. »
Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores.
Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.”
Écoute maintenant la parole du Seigneur, toi qui me dis : “Ne prophétise pas contre Israël, ne parle pas contre la maison d’Isaac.”
Eh bien, voici ce que le Seigneur a dit : Ta femme devra se prostituer en pleine ville, tes fils et tes filles tomberont par l’épée, la terre qui t’appartient sera partagée au cordeau, toi, tu mourras sur une terre impure, et Israël sera déporté loin de sa terre. »

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l'or,
qu'une masse d'or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm.
Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. »
Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ?
En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ?
Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. »
Il se leva et rentra dans sa maison.
Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.

Isaac de l'Étoile (?-v. 1171)
Moine cistercien
« Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » (Mc 2,7)
Il y a deux choses qui reviennent à Dieu seul : l'honneur de recevoir la confession et le pouvoir de pardonner. Nous devons lui faire notre confession et attendre de lui le pardon. À Dieu seul il appartient, en effet, de pardonner les péchés ; c'est donc à lui seul qu'il faut les confesser. Mais le Tout-Puissant, le Très-Haut, ayant pris une épouse faible et insignifiante, a fait de cette servante une reine. Celle qui était en retrait à ses pieds, il l'a placée à côté de lui ; car c'est de son côté qu'elle est sortie et c'est par là qu'il se l'est fiancée (Gn 2,22 ; Jn 19,34). Et de même que tout ce qui est au Père est au Fils et tout ce qui est au Fils est au Père de par leur unité de nature (Jn 17,10), de même l'Époux a donné tous ses biens à l'épouse et il a pris en charge tout ce qui appartient à l'épouse qu'il a unie à lui-même et aussi à son Père...

C'est pourquoi l'Époux, qui est un avec le Père et un avec l'épouse, a enlevé en celle-ci tout ce qu'il a trouvé chez elle d'étranger, le fixant à la croix où il a porté ses péchés sur le bois et les a détruits par le bois. Ce qui est naturel et propre à l'épouse, il l'a assumé et revêtu ; ce qui lui est propre et divin, il l'a donné à l'épouse... Il partage ainsi la faiblesse de l'épouse ainsi que son gémissement, et tout est commun à l'Époux et à l'épouse : l'honneur de recevoir la confession et le pouvoir de pardonner. C'est la raison de cette parole : « Va te montrer au prêtre » (Mc 1,44).
Homélie 11 ; PL 194, 1728 A – 1729 C (trad. bréviaire 23e vendredi ; cf Orval)

Calendrier romain extraordinaire (missel de 1962)

Jeudi 2 Juillet

Visitation de la Très Sainte Vierge

Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes, franchissant les collines.
Mon bien-aimé est semblable à la gazelle, ou au faon des biches. Le voici, il est derrière notre mur, regardant par la fenêtre, épiant par le treillis.
Mon bien-aimé a pris la parole, il m'a dit : " Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !
Car voici que l'hiver est fini ; la pluie a cessé, elle a disparu.
Les fleurs ont paru sur la terre, le temps des chants est arrivé ; la voix de la tourterelle s'est fait entendre dans nos campagnes ;
le figuier pousse ses fruits naissants, la vigne en fleur donne son parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !
Ma colombe, qui te tiens dans la fente du rocher, dans l'abri des parois escarpées. montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ton visage charmant.

En ce temps-là, Marie se leva et alla en hâte vers la montagne, dans une ville de Juda.
Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth.
Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit,
et elle s'écria à haute voix, disant  : " Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni.
Et d'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ?
Car votre voix, lorsque vous m'avez saluée, n'a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l'enfant a tressailli de joie dans mon sein.
Heureuse celle qui a cru ! Car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur ! "
Et Marie dit : Mon âme glorifie le Seigneur,
et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur.

Père Emmanuel André (1826 - 1903)
O.s.b.
La visitation
Le mystère de la Visitation est un mystère tout de paix, de grâce et d'effusion du Saint-Esprit. C'est la première manifestation du Verbe incarné. Il commence ses grandes œuvres, son commencement est un coup de maître. Voyez plutôt : il refoule le péché originel en Jean-Baptiste, il verse en lui l'esprit de prophétie, il le ravit en la joie de voir son Sauveur en notre chair.
Et puis, que de merveilles après la sanctification de Jean-Baptiste! Elisabeth est remplie du Saint-Esprit; dans la lumière divine, elle voit à la fois son Seigneur et la mère de son Seigneur. Elle admire, elle chante le Verbe qui s'est fait chair, la Vierge mère de Dieu, la joie de son enfant, et aussi son propre bonheur.
Enfin dans ce grand et beau jour retentit, pour la première fois, le Magnificat, cantique plein de lumière, de joie, d'actions de grâces, cantique que nous répétons tous les jours avec l'Église, comme pour nous apprendre que le mystère de la Visitation ne finit pas dans l'Église.
À cette fête, se rattache aussi le Benedictus de saint Zacharie; tous les jours aussi nous le redisons après lui, en sorte que le matin et le soir nous travaillons à la continuation de ce mystère si doux, plein de grâce et de vérité, plein de lumière et d'amour.

Le Verbe de Dieu qui demeure au sein du Père ne cesse de venir à nous comme Fils de Dieu, comme Fils de Marie, comme Dieu et comme homme; et venant à nous, il opère le mystère de notre salut : il fait son œuvre qui est de glorifier son Père, de manifester sa mère, d'éclairer les âmes, de les embraser d'amour.
Il vient par sa grâce, par la lumière de la foi; il est le soleil des âmes, il se lève d'en haut, il a son aurore et son midi, mais pas de déclin, pas de coucher, sans cesse il éclaire, sans cesse il verse des flots de lumière et d'amour.
Il vient par l'Eucharistie et la communion. Oh! alors, quelle Visitation il fait à nos âmes! Il nous donne plus qu'il n'a donné à la maison de Zacharie. Qui donc alors ne répéterait les paroles de sainte Elisabeth : Unde hoc mihi? Une telle visite! Une telle visite à moi, pour moi, en moi, au plus intime de moi! Unde hoc mihi!
Qui donc après cela ne chanterait Benedictus et Magnificat et Diligam te Domine!
Méditations pour tous les jours - Éd. Sainte-Madeleine, TÉQUI (cliquer)

Visitation de la Très Sainte Vierge

Visitation de la Très Sainte Vierge

Cette fête nous rappelle la visite de Marie à sa cousine Élisabeth. Après avoir annoncé à Marie le mystère de l'Incarnation, l'archange Gabriel La prévient que sa cousine Élisabeth, âgée et jusque là stérile, sera mère dans trois mois, par un nouveau prodige. Marie ne tarda pas à se mettre en route pour féliciter l'heureuse mère.

Ce voyage n'eut pour mobile aucun sentiment humain. Marie possédait en elle, avec Jésus, toutes les richesses et toutes les joies du Ciel ; cela Lui suffisait, et nul besoin n'agitait son cœur; mais un devoir de douce charité se présentait à remplir ; elle voyait, dans l'accomplissement de ce devoir, un exercice de zèle et une occasion de glorifier Dieu. D'ailleurs, le Saint-Esprit la conduisait : la rencontre des deux futures mères, et surtout des deux enfants qu'elles portaient, était dans les desseins providentiels. Aussi Marie se hâte, elle s'expose aux fatigues d'un long chemin, elle gravit les montagnes, et bientôt elle atteint le terme du voyage.

Ô merveille ! À peine Marie et Élisabeth sont-elles en présence, que l'enfant d'Élisabeth tressaille dans son sein, et elle-même, saisie de l'esprit prophétique, s'écrie en embrassant Marie : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et béni le Fruit de votre sein ! » Paroles que l'Église a jointes à l'Ave Maria pour en faire une des plus belles prières chrétiennes ; paroles qui retentiront partout et dans les siècles ! Ainsi, la mission de Jésus commence avant sa naissance, Il sanctifie Jean-Baptiste dans le sein de sa mère ; car ce tressaillement qu'il éprouve annonce le Prophète qui devine son Dieu, et le Précurseur qui reconnaît le Sauveur.

Marie, saisie elle-même par l'Esprit divin, entonne ce beau chant d'action de grâces appelé le Magnificat, qui célèbre dans un langage céleste les merveilles opérées par Dieu en elle, chant que répéteront sans fin tous les échos du temps et de l'éternité.

Durant trois mois, les paroles et les exemples de Marie firent le charme de la maison qu'elle visitait. On ignore si elle quitta Élisabeth avant la naissance de saint Jean-Baptiste. Cependant saint Luc (1, 56) mentionne son départ avant le récit de l'enfantement d'Élisabeth (1, 57).

De retour à Nazareth, elle retrouva avec joie sa vie silencieuse et retirée, n'ayant rien perdu de ce trésor de recueillement, de pureté, de vie intérieure qu'elle avait communiqué autour d'elle.

Que de leçons pour les chrétiens dans ce mystère ! Leçons de charité et de zèle, de prévenance et d'amabilité ! Leçons de mortification, d'humilité, de sanctification des actions communes et des relations nécessaires avec le monde !

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

Calendrier maronite

Jeudi 2 Juillet

Sixième jeudi du temps de la Pentecôte

Frères, Paul et ceux qui l’accompagnaient s’embarquèrent à Paphos et arrivèrent à Pergé en Pamphylie. Mais Jean-Marc les abandonna pour s’en retourner à Jérusalem.
Quant à eux, ils poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place.
Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : « Frères, si vous avez une parole d’exhortation pour le peuple, parlez. »
Paul se leva, fit un signe de la main et dit : « Israélites, et vous aussi qui craignez Dieu, écoutez :
Le Dieu de ce peuple, le Dieu d’Israël a choisi nos pères ; il a fait grandir son peuple pendant le séjour en Égypte et il l’en a fait sortir à bras étendu.
Pendant une quarantaine d’années, il les a supportés au désert
et, après avoir exterminé tour à tour sept nations au pays de Canaan, il a partagé pour eux ce pays en héritage.
Tout cela dura environ quatre cent cinquante ans. Ensuite, il leur a donné des juges, jusqu’au prophète Samuel.
Puis ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Kish, homme de la tribu de Benjamin, pour quarante années.
Après l’avoir rejeté, Dieu a, pour eux, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés.
De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus,
dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël.
Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” »

Les pharisiens et les sadducéens s’approchèrent pour mettre Jésus à l’épreuve ; ils lui demandèrent de leur montrer un signe venant du ciel.
Il leur répondit : « Quand vient le soir, vous dites : “Voici le beau temps, car le ciel est rouge.”
Et le matin, vous dites : “Aujourd’hui, il fera mauvais, car le ciel est d’un rouge menaçant.” Ainsi l’aspect du ciel, vous savez en juger ; mais pour les signes des temps, vous n’en êtes pas capables.
Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » Alors il les abandonna et partit.

Saint Clement of Alexandria (150- c.215)
Theologian
« Jésus soupira...et dit : ‘Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ?’ »
Vous êtes assez insensés pour adorer des statues de pierre que vous avez travaillées vous-mêmes ?... Seul le Créateur du monde, le Père, dont l'art est sans égal, a façonné une statue vivante : c'est nous, l'homme, tandis que les idoles... ne sont que l'œuvre stupide de mains humaines. Le Verbe, la Parole de Dieu, est l'image de Dieu (He 1,3)...; et l'homme véritable, l'esprit qui est dans l'homme, est image du Verbe. À cause de cela il est dit que l'homme a été fait « à l'image de Dieu et à sa ressemblance » (Gn 1,26), assimilé au Verbe divin par l'intelligence de son esprit...

Recevez donc l'eau spirituelle, vous qui êtes encore souillés ; lavez-vous, purifiez-vous en vous aspergeant de l'eau de la vérité ; il vous faut monter purs aux cieux. Tu es homme, ce qu'il y a de plus universel : recherche donc ton Créateur. Tu es fils, ce qu'il y a de plus personnel : reconnais ton Père. Mais si tu persistes dans le péché..., à qui le Seigneur dira-t-il : « Le Royaume des cieux est à vous » ? (Mt 5,3) Il est à vous, si vous le voulez, quand vous aurez choisi en faveur de Dieu. Il est à vous si vous voulez seulement croire, si vous voulez suivre le message, comme l'ont fait les habitants de Ninive. Pour avoir écouté le prophète, ils ont obtenu, par leur repentir sincère, le bonheur du salut au lieu de la ruine qui les menaçait (Jon 3).

Comment monter aux cieux, demande-t-on ? La voie, c'est le Seigneur (Jn 14,6) — voie étroite (Mt 7,13), mais qui part des cieux (Jn 3,13), voie étroite, mais qui mène aux cieux ; voie étroite méprisée sur la terre, voie large adorée dans les cieux. Celui qui n'a pas entendu parler du Verbe de Dieu a dans son ignorance de quoi faire pardonner son erreur. Mais celui dont les oreilles ont entendu le message, et qui n'a pas écouté dans son cœur, celui-là porte la responsabilité d'une désobéissance voulue. Plus il sera conscient, plus sa connaissance lui fera tort ; sa propre connaissance le condamnera pour ne pas avoir choisi le meilleur. Car de par sa nature, en tant qu'homme, il était fait pour l'amitié de Dieu.
Protreptique, ch. 10 (trad. cf SC 2, p. 158s et Tournay)
Les saints du jour