Sainte Catherine de Suède

(vierge)

C

atherine de Suède, dans le siècle Katarina Ulfsdotter, appartenait à la famille royale de Suède, par sa mère, sainte Brigitte (Birgitta Birgersdotter) et par son père Ulf Gudmarson.

La fille devait être l'émule, sinon l'égale de sa mère, par ses vertus comme par les lumières qu'elle reçut du Ciel. 

Après une sainte éducation dans un monastère, elle en sortit pour épouser, contre son gré, Edgar Lydersson, un jeune noble vertueux qui était invalide et qu'elle soigna avec un grand dévouement. Celui-ci accepta de garder avec elle une chasteté parfaite.

D'accord avec lui, en 1350, pour le jubilé, elle rejoint à Rome sa mère qui y a fait sa demeure depuis son veuvage. Catherine, pendant son séjour, apprend la mort de son jeune époux. Elle décide à son tour de rester à Rome.

Dans la Ville éternelle, on pouvait voir la mère et la fille visiter avec ferveur les églises et les tombeaux des martyrs et s'adonner ensemble à tous les exercices de la mortification et de la piété. Catherine sut résister aux obsessions de plusieurs seigneurs romains qui la recherchaient en mariage, et Dieu la défendit parfois d'une manière merveilleuse.

Quand sa mère meurt, Catherine revient en Suède pour l'ensevelir au couvent de Vadstena, où elle entre et dont elle sera bientôt l'abbesse. Elle retournera une fois encore à Rome pour obtenir la reconnaissance des religieuses de l'ordre du Très-Saint-Sauveur, les Brigittines, et pour la cause de la canonisation de sa mère. Celle-ci n'aura lieu qu'en 1384, trois ans après la mort de Catherine, le 24 mars 1381.

Katarina Ulfsdotter a été canonisée en 1484 par le pape Innocent VIII (Giovanni Battista Cybo, 1484-1492).

St Oscar Arnulfo Romero y Galdámez
« La Voix des sans voix »
Évêque et martyr
(† El Salvador 24 mars 1980)

O

scar Arnulfo Romero y Galdámez, naît à Ciudad Barrios, au Salvador, le 15 août 1917. Son père l’a placé en apprentissage chez un menuisier quand il avait 13 ans, mais le jeune Romero a senti sa vocation pour le sacerdoce catholique et a quitté la maison l'année suivante pour entrer au séminaire. Il a étudié au Salvador et à Rome et a été ordonné prêtre le 4 avril 1942.

Romero a passé le premier quart de siècle de sa carrière ministérielle en tant que curé de paroisse et secrétaire diocésain à San Miguel. Le 25 avril 1970, il est devenu évêque auxiliaire de San Salvador et a occupé ce poste jusqu'en 1974, lorsque le Vatican l’a nommé au diocèse de Santiago de María, une pauvre région rurale qui comprenait sa ville natale. En 1977, il est retourné dans la capitale pour succéder à l’archevêque de San Salvador.

L’ascendance de Romero vers les sommets de la hiérarchie catholique a coïncidé avec une période de changements dramatiques au sein de l'Église en Amérique latine. Les évêques de la région, réunis à Medellín (Colombie) en 1968, pour discuter de la mise en œuvre locale des recommandations du Concile Vatican II (1962-1965), avaient décidé d'abandonner le rôle traditionnel de la hiérarchie en tant que défenseur du ‘statu quo’ pour prendre le parti des pauvres du continent dans leur combat pour la justice sociale. Cette rupture radicale a divisé les fidèles et le clergé.

À cette période, Oscar Romero avait la réputation d’un conservateur et plus d'une fois il s'est montré sceptique tant à l’égard des réformes de Vatican II que des prises de position de Medellín. Pour cette raison, sa nomination comme archevêque, le 3 février 1977, n’a pas été populaire auprès du clergé socialement engagé, à qui il est apparu comme un signal de la volonté du Vatican de les réfréner. À leur grande surprise, Romero s’est presque immédiatement révélé comme l’adversaire déclaré de l'injustice et le défenseur des pauvres.

D’après Romero, il a dû son changement d'attitude à son bref mandat comme évêque de Santiago de María, où il a été un témoin direct des souffrances des pauvres sans terre du Salvador. L'augmentation de la violence du gouvernement contre les prêtres et les laïcs socialement engagés a miné sa confiance en la bonne volonté des autorités et l'a amené à craindre que l'Église et la religion soient elles-mêmes l'objet d'attaques. L'assassinat, le 12 mars 1977, de son ami de longue date, le père jésuite Rutilio Grande, a suscité une dénonciation cinglante de Romero, qui a suspendu les messes dans les églises de la capitale le dimanche suivant et exigé la sanction des responsables.

Alors que Romero s’exprimait de plus en plus souvent au cours des mois suivants, il attirait une large audience de plus en plus populaire qui se pressait dans la cathédrale pour l'entendre prêcher ou écouter ses sermons sur YSAX, la station de radio de l'archidiocèse. Dans sa jeunesse, Romero avait été un pionnier de l'évangélisation sur les ondes au Salvador, et il utilisait l’influence de ce média pour dénoncer à la fois la violence de la guerre civile naissante au Salvador et les schémas profondément enracinés de violence et d'injustice qui la cultivaient. Dans un pays dont les dirigeants considéraient la dissidence comme de la subversion, Romero utilisait l'autorité morale de son poste d'archevêque pour parler au nom de ceux qui ne pouvaient pas le faire pour eux-mêmes. Il ne tarda pas à être connu comme la « Voix des sans voix ».

Quand un coup d'État renversa le gouvernement salvadorien, le 15 octobre 1979, Romero  exprima un soutien prudent à la junte réformiste qui l'avait remplacé. Il a cependant vite perdu ses illusions quand la persécution des pauvres et de l'Église n'a pas cessé. En février 1980, il a adressé une lettre ouverte au Président américain Jimmy Carter, dans laquelle il appelait les États-Unis à mettre fin à l'aide militaire au régime. « Nous en avons assez des armes et des balles », a-t-il plaidé.

La campagne de Romero pour les droits de l'homme au Salvador lui a valu de nombreux admirateurs nationaux et internationaux ainsi qu’une nomination au Prix Nobel de la paix. Cependant, il s'est également fait de nombreux ennemis. Le 24 mars 1980, un meurtrier non identifié a tiré de la porte de la chapelle à San Salvador où Romero célébrait la messe et l'a abattu. L'archevêque avait anticipé le danger d'un assassinat et en avait parlé souvent, déclarant sa volonté d'accepter le martyre si son sang pouvait contribuer à la solution des problèmes de la nation. « En tant que chrétien, dit-il à l’une de ces occasions, je ne crois pas à la mort sans résurrection. S'ils me tuent, je me ressusciterai à nouveau dans le peuple salvadorien. »

Hommages et distinctions :

- Le 18 mai 1980 : Oscar Romero est fait docteur ‘honoris causa post mortem de la Universidad de El Salvador.
- En 1985 : Pierre-Michel Gambarelli écrit en 1985 la chanson ‘Le vent des prophètes’ en hommage à Oscar Romero (paroles du chant sur Scoutopedia).
- En 2008, il est désigné comme l'un des quinze « Champions de la démocratie mondiale » par le magazine européen « A Different view ».
- En 2009 : le nouveau président du Salvador, Mauricio Funes (FMLN), visite la tombe d'Oscar Romero juste avant de prendre ses fonctions, en juin 2009.
- Le 24 mars 2010, lors du trentième anniversaire de la mort d'Oscar Romero, le président salvadorien Mauricio Funes a présenté au nom de l'État des excuses officielles pour ce meurtre. En présence de la famille Romero, des représentants de l'Église catholique, des diplomates étrangers et officiels du Gouvernement, le président Funes déclare que « malheureusement ceux qui ont perpétré cet assassinat ont agi avec la protection, la collaboration ou la participation d'agents de l'État ».
- En mars 2014, l’aéroport de San Salvador se nomme désormais « Aéroport International Monseñor Oscar Arnulfo Romero y Galdámez ».

Oscar Arnulfo Romero y Galdámez a été proclamé Bienheureux à San Salvador le 23 mai 2015. Environ 200 000 personnes, parmi lesquelles de nombreux chefs d'État, ont participé à la cérémonie de béatification de l'archevêque martyr, assassiné en haine de la foi le 24 mars 1980, pendant qu'il célébrait l'eucharistie. « Un homme de foi profonde et d'une espérance inébranlable », ainsi l'a défini le cardinal Angelo Amato s.d.b., préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui représentait le pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) lors de cette cérémonie.

Il a été canonisé le 14 octobre 2018 à Rome par le pape François.

Bienheureuse Marie Karłowska

Vierge et fondatrice des

« Sœurs du Bon Pasteur de la Divine Providence ».

M

aria Karłowska naît àSłupówka (actuelle Karłowo) près de Poznań (Pologne) le 14 septembre 1865, onzième fille de Mateusz Karłowski et de Eugenia Dembińska.

Devenue orpheline de ses deux parents à 17 ans, elle va à Berlin pour suivre un cours de couturière. À cet âge elle ne pense pas encore à devenir religieuse : il lui faut travailler pour aider ses frères et sœurs. Elle retourne dans son village natal et y accomplit une action de véritable samaritaine parmi les femmes touchées par une grande misère sociale et morale.

En novembre 1892, elle rencontre pour la première fois une prostituée ; cette rencontre est décisive pour sa vocation, car à partir de ce moment toute son énergie va être dirigée vers ces femmes pour les aider à sortir du « trou » où elles avaient été précipitées, et à couper les liens qui les y attachaient.

Son zèle, dans l’accomplissement de ce difficile « ministère » attira autour d'elle d'autres femmes avec lesquelles elle fonda, le 8 septembre 1896, la Congrégation des « Sœurs du Bon Pasteur de la Divine Providence ». Pour les Sœurs et pour elle-même, elle avait établi l'objectif suivant : « Nous devons annoncer le Cœur de Jésus, c'est-à-dire vivre de lui, en lui et par lui de façon à devenir semblables à lui et nous devons faire en sorte que dans nos vies, il soit plus visible que nous-mêmes ».

Avec le temps et la persévérance de toutes les sœurs, cet apostolat commença à donner de bons résultats et plusieurs de ces femmes, que la prostitution avait exclues, commencèrent à relever la tête et à marcher résolument dans le droit chemin, certaines devenant même des mères exemplaires et autant d’apôtres auprès de celles qui hésitaient encore à rebrousser chemin.

La dévotion de Maria envers le Sacré-Cœur du Sauveur suscita en elle un grand dévouement pour les hommes et un amour qui ne dit jamais : « Assez ». Elle était toute à tous et, grâce à cet amour et dans la mouvance du Saint-Esprit, elle redonna la lumière du Christ à de nombreuses âmes et les aida à retrouver leur dignité perdue.

Âgée d’environ soixante-dix ans, elle rendit son âme à Dieu le 24 mars 1935, laissant pour la postérité une œuvre qui, reconnue, fut d’un grand secours pour l’Église de Pologne et des pays environnants.

Maria Karłowska fut béatifiée le 6 juin 1997 à Zakopane (Pologne) par son compatriote, saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Martyrologe Romain : À Césarée de Palestine, en 303, les saints martyrs Timolaus, Denis, sous-diacre, Pauside, Romulus, Alexandre et un autre Alexandre; durant la persécution de Dioclétien, ils se présentèrent les mains liées, devant le préfet Urbain, en criant qu’ils étaient chrétiens. Le préfet les fit mettre en prison, où ils furent rejoints par deux autres chrétiens: Agapios et un autre Denis. Le même jour ils eurent la tête tranchée et méritèrent la couronne de vie.

Martyrologe Romain : En Maurétanie, saint Secondule, qui souffrit pour la foi au Christ.

Martyrologe Romain : À Clogher en Irlande, au Ve siècle, saint Mac Cairthind, évêque, que l’on dit avoir été ordonné par saint Patrice.

Martyrologe Romain : À Catane en Sicile, l’an 814, saint Sévère, évêque.

Martyrologe Romain : À Fabriano dans les Marches en 1290, le bienheureux Jean de Bâton, prêtre et moine, qui se plaça sous la conduite de saint Silvestre, abbé.

Bx Diègo-Joseph Lopez de Cadix

Prêtre o.f.m. cap.

D

iègo-Joseph Lopez, né à Cadix en 1743, manifesta très tôt une piété profonde, mais son intelligence paraissait engourdie et ses condisciples l'avaient surnommé « âne muet ».

A l'âge de treize ans il entra en contact avec les Capucins d'Um­brique et déclara: « Je serai missionnaire capucin ». On se moqua de lui : un missionnaire incapable de parler! Mais il persévéra dans son projet et, à la troisième tentative, les Capucins l'acceptèrent au noviciat en 1757.

Peu brillant en philosophie, il savoura la théologie qui lui découvrait les mystères divins. Ordonné prêtre en 1767, il commença à prêcher et devint bientôt le plus grand prédicateur populaire de l'Espagne, s'efforçant de réformer les mœurs, attaquant l'impiété des adeptes des encyclopédistes et stigmatisant les conceptions des ministres de Madrid. Il connut des succès de foule sans cesse croissants, du sud au nord du pays, malgré son langage rude de prophète. Sa spiritualité se caractérise par son rigorisme; néanmoins il eut une vie contemplative extraordinaire.

Mort à Ronda, le 24 mars 1801, il fut béatifié en 1894.

Marie-Séraphine du Sacré Cœur (au siècle, Clotilde Micheli), religieuse, fondatrice de l'Institut des « Sœurs des Anges »

(Trente 11/09/1849 - Faicchio 24/03/1911)

Maria Serafina del Sacro Cuore di Gesùa été béatifiée le 28 mai 2011 à Faicchio (Bénévent, Italie) au cours d’une cérémonie présidée par le Card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, qui représentait le Pape Benoît XVI.

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