Canicule sur la France, euthanasie à l'Assemblée : une étrange coïncidence ?
Alors que Paris et une grande partie de la France suffoquent sous une vague de chaleur remontant par l'Ouest du pays, l'Assemblée nationale examine à nouveau le texte sur l'euthanasie.
Je ne suis ni prophète ni fils de prophète. Je ne prétends pas connaître avec certitude les desseins de Dieu. Mais lorsqu'une nation débat d'une loi qui touche directement à la vie et à la mort, alors même qu'une canicule exceptionnelle s'abat sur le pays, il est permis de s'interroger.
Aussi, sans lire dans le marc de café, mais en relisant les prophètes et en écoutant les appels de Notre Dame de l'Assomption, sainte Patronne de la France, à La Salette, à Lourdes et à Fatima – elle, la Femme revêtue du soleil –, je prends le risque d'une prévision : cette canicule pourrait durer jusqu'à la fin de l'examen de cette loi à l'Assemblée nationale, voire jusqu'au 15 juillet, date envisagée pour le vote final après le passage au Sénat. Paris pourrait alors devenir une véritable fournaise.
La France a la fièvre. Elle débat d'une loi qui touche au cœur même du commandement : « Tu ne tueras point. » On prétend répondre à la souffrance par la mort.
Et si, au fond, cette euthanasie n'était pas seulement celle des personnes les plus fragiles, mais aussi, peu à peu, celle de la France elle-même ? Non pas la mort de son territoire, mais celle de son âme, de sa conscience, de son héritage chrétien et, avec eux, de tout un peuple.
Car le mal engendre le mal. La culture de mort engendre toujours davantage de mort. Le péché engendre d'autres péchés, les injustices appellent d'autres injustices, et les ruptures avec l'ordre voulu par Dieu finissent par produire leurs propres souffrances. C'est pourquoi l'Écriture ne cesse d'appeler les peuples à la conversion avant que les conséquences de leurs choix ne deviennent plus lourdes encore.
Notre-Dame de La Salette : un avertissement oublié
À La Salette, la Sainte Vierge rappelait que lorsque les hommes oublient Dieu, méprisent le Jour du Seigneur et blasphèment son Nom, ils s'exposent eux-mêmes à de graves conséquences.
Aujourd'hui, la France ne se contente plus de s'éloigner de Dieu : elle prétend redéfinir ce qui relève de son autorité. Avec l'euthanasie, l'homme s'arroge un pouvoir sur la vie et la mort qui interroge profondément la conscience chrétienne.
À La Salette, Marie évoquait la famine, les récoltes détruites, les pommes de terre qui pourrissent, les maladies frappant les jeunes enfants et les souffrances qui s'abattraient sur les populations si elles refusaient de se convertir. Mais elle annonçait aussi l'espérance : si le peuple revenait à Dieu, les pierres seraient changées en blé et les pommes de terre seraient abondantes dans les champs.
Sauf que voilà : l'appel à la conversion fut largement ignoré. Les avertissements furent accueillis avec scepticisme ou indifférence. Et les événements annoncés survinrent effectivement dans les années qui suivirent : crise de la pomme de terre, maladies des cultures, famine et misère frappèrent de nombreuses régions.
C'est dans ce contexte que le chanoine Cloët, prêtre du diocèse d'Arras, écrivait en 1856 dans L'Univers :
« Notre opinion est que ces petits vers ne sont que l'agent secret, le ministre aveugle d'une volonté supérieure, et que la maladie qui dessèche nos blés est de la famille de celles qui altèrent nos pommes de terre, de l'oïdium et du choléra, c'est-à-dire d'une de ces maladies mystérieuses que Dieu tient dans ses mains souveraines et qu'il lâche quelquefois sur la terre des hommes, soit qu'il veuille guérir, soit qu'il veuille punir. »
Notre époque ne supporte plus une telle lecture de l'histoire. Elle veut tout expliquer par le seul prisme de la science, du consensus et des causes matérielles, comme si Dieu n'avait plus rien à dire aux hommes à travers les événements.
Pourtant, on peut aussi croire que l'histoire demeure toujours sous le regard de Dieu et de ses lois, que les événements peuvent constituer pour les hommes des appels à la conversion, et que les signes des temps, comme les appels de la Sainte Vierge, ne doivent jamais être écartés avec légèreté.
Le rappel du prophète Aggée
Le prophète Aggée écrivait :
« Ainsi parle maintenant l'Éternel des armées : Considérez attentivement vos voies ! Vous semez beaucoup, et vous recueillez peu... Pourquoi ? Parce que ma maison est en ruine, tandis que chacun de vous s'empresse pour sa propre maison. C'est pourquoi les cieux vous ont refusé la rosée, et la terre a refusé ses produits. J'ai appelé la sécheresse sur le pays, sur les montagnes, sur le blé, sur le moût, sur l'huile, sur ce que la terre peut rapporter, sur les hommes et sur les bêtes, et sur tout le travail des mains. »1
Ces paroles ne sont pas seulement celles d'un autre temps. Elles invitent chaque génération à examiner ses choix. Elles rappellent qu'une nation qui délaisse Dieu finit par en subir les conséquences, non parce que Dieu prend plaisir à châtier, mais parce que l'homme, en rompant avec son Créateur, se coupe lui-même de la source de la bénédiction.
Une culture de mort qui progresse par la loi
Il est clair que notre société s'est progressivement détournée de Dieu et qu'elle s'est ouverte à ce que saint Jean-Paul II appelait la « culture de mort ».
L'euthanasie n'apparaît jamais d'un seul coup dans toute son ampleur. Partout où elle a été légalisée, le même phénomène s'est produit : aucun pays n'est revenu en arrière.
Le périmètre s'est progressivement élargi. D'abord les malades en phase terminale. Puis les personnes atteintes de maladies chroniques. Puis les souffrances psychologiques. Puis des situations qui n'étaient même pas envisagées lors des premiers débats.
À chaque étape, les promoteurs de ces lois assuraient pourtant que des limites strictes seraient maintenues, que les garde-fous suffiraient et qu'il n'y aurait aucun glissement. L'expérience montre pourtant une extension progressive des critères d'accès.
La France est-elle condamnée à suivre le même chemin ?
Le gouvernement et sa majorité semblent résolus à faire adopter ce texte. Les chrétiens qui prient pour que cette loi ne passe pas savent que, humainement parlant, leurs chances paraissent minces. Pourtant, l'espérance demeure. Car Dieu a souvent montré, au cours de l'histoire, qu'Il pouvait changer le cœur des hommes jusqu'au dernier moment.
Il est d'ailleurs intéressant de constater que la majorité favorable au texte n'a cessé de s'éroder au fil des lectures parlementaires.
Petit rappel :
- 27 mai 2025 : l'Assemblée nationale adopte le texte par 305 voix contre 199 ;
- 25 février 2026 : deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Le texte est de nouveau adopté, mais avec une majorité plus réduite ;
- À chaque lecture, les débats révèlent des inquiétudes croissantes concernant les critères d'accès, la protection des personnes vulnérables, le rôle des soignants et les conséquences à long terme de cette loi ;
- 2 juin 2026 : la commission mixte paritaire échoue à trouver un accord entre députés et sénateurs.
Le calendrier qui s'ouvre désormais ressemble presque à un bulletin caniculaire de notre météo politique :
- 22 au 26 juin 2026 : nouvelle lecture à l'Assemblée nationale ;
- 30 juin 2026 : vote solennel à l'Assemblée nationale ;
- début juillet 2026 : nouvelle lecture au Sénat ;
- 15 juillet 2026 : retour à l'Assemblée nationale, qui devrait avoir le dernier mot.
Voilà pourquoi nous continuons à prier. Non parce que nous croyons nos forces suffisantes, mais parce que « rien n'est impossible à Dieu »2.
Le prophète Isaïe avertissait déjà :
« Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal ; qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres ; qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume ! Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux et qui se croient intelligents ! [...] Malheur à ceux qui justifient le coupable et enlèvent aux innocents leurs droits ! »3.
Nous refusons que le peuple français soit entraîné dans une loi que nous estimons gravement contraire à la dignité de la vie humaine.
Nous voulons également rappeler un principe constant de l'Écriture : le mal finit par retomber sur ceux qui l'accomplissent ou l'organisent. Les prophètes ne cessaient d'avertir les rois, les chefs et les responsables de leurs actes. Ils rappelaient que celui qui sème l'iniquité finit par en récolter les fruits.
Le psaume 7 l'exprime avec force : « Il ouvre une fosse, il la creuse, et il tombe dans la fosse qu'il a faite. Son iniquité retombe sur sa tête, et sa violence redescend sur son front. »
C'est pourquoi nous appelons chacun, et d'abord ceux qui exercent des responsabilités publiques, à mesurer la gravité de leurs choix. Car nul ne peut impunément appeler le bien mal et le mal bien. L'Écriture enseigne que chacun devra rendre compte de ses actes devant Dieu.
Et si les avertissements de Dieu sont méprisés, nul ne sait à quel moment chacun sera appelé à répondre de ses actes. Les prophètes rappellent que l'heure de ce jugement peut venir plus tôt que les hommes ne l'imaginent. C'est précisément pour cette raison qu'ils appellent sans cesse à la conversion, tant qu'il en est encore temps.
Une nation ne bâtit pas son avenir sur des lois de mort
Une nation ne peut pas bâtir durablement son avenir sur des lois de mort.
Une nation ne peut pas prétendre soulager la souffrance en supprimant celui qui souffre.
Une nation ne peut pas se dire compatissante tout en organisant la mort des plus fragiles.
Que chacun en tire les conclusions qu'il voudra.
Mais que personne ne puisse dire demain :
« Nous ne savions pas. »
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