Saint Anaclet, grec, nait à Athènes vers l'an 15. Il est converti à la foi par saint Pierre lui-même (d'après saint Ignace1, voyant sa piété exemplaire et l'intégrité de ses mœurs, c'est lui qui l'ordonna diacre, puis prêtre).

Comme sa sainteté devenait toujours plus éclatante, le Saint-Siège étant vacant depuis la mort fin 78 de saint Lin (disciple de saint Paul de Tarse), il fut choisi pour être son successeur, du consentement de tous les fidèles, en l'an 83 (sous l'empire de Domitien).

La persécution de l'empereur avait commencée contre l'Eglise et devenait toujours plus violente. Mais une si furieuse tempête ne donna aucune atteinte à la foi des chrétiens ; au contraire, la semence sacrée de l'Evangile, baignée du sang des Martyrs, en reçut de nouvelles forces, et poussa son germe avec plus de vigueur que jamais par toute la terre.

Saint AnacletAussi notre saint Pontife n'oublia rien pour animer les fidèles à exposer généreusement leur vie pour la gloire de Jésus Christ. En tant que chef de l'Église, il fit des ordonnances, pour les retenir dans leur devoir, pour conserver le bon règlement dans l'économie universelle de l'Église, et pour s'opposer aux désordres qui avaient pu s'y glisser. Il ordonna notamment :

  • que tous les chrétiens, qui assistaient au saint sacrifice de la Messe, seraient obligés d'y communier, et qu'on refuserait l'entrée de l'église à ceux qui négligeraient de le faire,
  • qu'il y aurait toujours trois évêques pour faire la cérémonie de la consécration d'un autre évêque, comme saint Paul l'avait déjà établi lui-même, et que toutes les ordinations des ecclésiastiques se feraient en public,
  • que les prêtres, et tous ceux qui étaient admis dans les Ordres sacrés, auraient interdiction de porter des cheveux longs et de laisser croître leur barbe.

Pour donner quelque marque de sa dévotion et de sa reconnaissance au Prince des Apôtres (Saint Pierre), à qui il était redevable de sa conversion, il fit bâtir et orner, à son sépulcre, une église qu'il dédia en son honneur, et qui, par une providence de Dieu toute particulière, se conserva au milieu des persécutions. On nommait alors cette église « les trophées des Apôtres ».
C'est la première basilique Saint Pierre de Rome !

Il fit aussi orner au Vatican quelques lieux particuliers pour la sépulture des souverains Pontifes qui lui succéderaient, et dans tous les cimetières des chrétiens, il fit marquer quelques endroits exprès pour y enterrer ceux qui souffraient le martyre.

Durant son pontificat, il célébra deux fois les Ordres. Au total, il ordonnera six évêques, cinq prêtres et trois diacres.

Parmi la multitude des chrétiens condamnés par la fureur d'un tyran qui les envoyait chaque jour au martyre, le pape saint Anaclet savait ne pouvoir échapper longtemps aux recherches des bourreaux. En prévision du sort qui l'attendait, il avait conféré au prêtre Évariste l'ordination épiscopale l'année précédente.

Après avoir gouverné l'Église neuf ans, trois mois et dix jours, il reçoit la palme du martyre, le 13 juillet 96, et est enseveli au Vatican.

Saint Ignace, dans une lettre qu'il écrivit à Marie Casabolite, parle avec beaucoup d'éloges de saint Anaclet.


Notes biographiques :

• Un grand nombre d'auteurs ont affirmé que saint Clet et saint Anaclet étaient une seule et même personne. Or saint Clet, romain d'origine, né au Vicus Patricii, dans le quartier des Esquilies, avait pour père Emilien. Saint Anaclet, grec quant à lui, né à Athènes, avait pour père Antiochus. En outre, on sait que saint Clet a été ordonné évêque de la main même de saint Pierre. Or, le Liber Pontificalis note expressément que saint Anaclet n'avait reçu du chef des apôtres que la consécration sacerdotale.

• Son nom se trouve sur la liste des Papes, comme le successeur de saint Lin. En raison de l'ignorance des actes de sa vie historique, son culte a été supprimé lors de la réforme de 1969, même s'il reste cité dans la première prière eucharistique. Il figure tout de même encore un mémoire au martyrologe romain à la date du 26 avril : « À Rome, commémoraison de saint Clet, pape, qui gouverna l'Église romaine, le second après saint Pierre. »


  1. Saint Ignace, Épitre aux Tralliens



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