Et si Benoît XVI avait montré la seule voie pour sortir de la crise de l'Église ?
Depuis plus de soixante ans, l'Église traverse une crise profonde dont chacun reconnaît aujourd'hui l'ampleur.
Face à cette crise, deux attitudes opposées se sont progressivement imposées.
Les uns justifient les ruptures doctrinales, liturgiques ou pastorales au nom d'un prétendu « esprit du Concile », allant parfois jusqu'à opposer la pastorale à la Tradition reçue des Apôtres.
Les autres, constatant les fruits parfois dramatiques de certaines interprétations et applications, en viennent à conclure que le concile Vatican II lui-même aurait officiellement enseigné l'erreur ou rompu avec la Tradition de l'Église.
Ces deux positions conduisent à une impasse.
Car si la première dissout progressivement la Tradition dans une adaptation permanente, la seconde réduit la Tradition à un patrimoine figé et en vient à mettre en cause l'autorité même du Magistère suprême de l'Église, exercé par le Pontife romain et les évêques réunis en concile œcuménique.
Or Benoît XVI a proposé une tout autre voie. Non pas une voie moyenne entre deux extrêmes, mais celle qui découle de la nature même de l'Église. Cette voie est la seule capable de résoudre durablement la crise actuelle.
Mais qui l'a véritablement entendue ? Qui l'a réellement mise en œuvre ? Son appel n'a-t-il pas souvent résonné comme une voix restée sans véritable écho ?
Dans son célèbre discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005, Benoît XVI rappelait que Vatican II devait être interprété selon « l'herméneutique de la réforme dans la continuité de l'unique sujet-Église », par opposition à « l'herméneutique de la discontinuité et de la rupture ».
Cet enseignement n'est pas une opinion théologique parmi d'autres. Il relève du Magistère authentique de l'Église. Dès lors, il mérite non seulement d'être connu, mais aussi reçu, étudié et appliqué.
Notre ambition n'est ni de défendre un prétendu « esprit du Concile », ni de condamner Vatican II. Elle est plus simple : recevoir l'enseignement du Magistère de l'Église, puis examiner les textes conciliaires eux-mêmes afin de les comprendre dans la continuité du dépôt de la foi. En serons-nous capable ?
C'est en tous les cas l'objet de la nouvelle rubrique Herméneutique de la continuité publiée sur Consecratio.
À travers une série de questions à disputer (disputationes), nous voulons lire les principaux textes du Concile qui font aujourd'hui débat, afin de les comprendre dans la continuité de la Tradition apostolique, comme l'Église elle-même nous y invite..
Nous invitons tous ceux qui aiment l'Église, qui aiment la Tradition et qui aiment le Saint-Père à prendre part à ce travail. Il ne s'agit pas d'alimenter des oppositions de camps, mais de rechercher ensemble l'intelligence de la foi dans la fidélité à l'Église.
La crise ne sera pas surmontée par les slogans, les procès d'intention ou les caricatures. Elle ne pourra l'être que par une réception fidèle du Magistère, dans la lumière de la Tradition vivante de l'Église.
Il est temps de reprendre le chantier ouvert par Benoît XVI !
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