Sébastien Lecornu

Après plusieurs jours de canicule exceptionnelle où Paris a connu des températures qualifiées d’« infernales », on annonce en France plus de 7 000 départs de feu. Dans le Sud, ce sont des milliers d’hectares qui sont en train de partir en fumée, et des milliers de personnes ont dû être évacuées...

Coïncidence ? Simple épisode climatique ? Chacun en jugera. Mais une question vient spontanément à l'esprit :
Que se passe-t-il, Monsieur le Premier ministre, Sébastien Lecornu ?

Le Sénat vous demande de suspendre cette loi

Assemblée NationaleAu même moment, votre gouvernement poursuit un projet de loi visant à légaliser l'euthanasie et le suicide assisté, alors même que la commission des affaires sociales du Sénat a demandé de suspendre la navette parlementaire. Dans son rapport du 1er juillet, elle a adopté une motion tendant à opposer la question préalable, estimant qu'il n'y avait plus lieu de poursuivre l'examen du texte tant les désaccords entre les deux chambres sont profonds.

La commission va même plus loin en déclarant : « La sagesse commanderait donc au Gouvernement de s'en inspirer et d'interrompre une navette devenue stérile, plutôt que d'utiliser les moyens constitutionnels à sa disposition pour passer en force sur une telle réforme. »

Le Sénat ne s'est donc pas contenté de rejeter le texte : par la voix de sa commission des affaires sociales, il a appelé le Gouvernement à interrompre cette réforme.

Pourquoi ne pas entendre cet appel ?

L'histoire de l'Église montre que des catholiques n'ont jamais hésité à avertir les puissants lorsque ceux-ci s'apprêtaient à promulguer des lois gravement contraires à la loi de Dieu.

En 1855, saint Jean Bosco supplia le roi Victor-Emmanuel II de ne pas signer la loi supprimant de nombreux ordres religieux et confisquant leurs biens. Il lui aurait déclaré :
« Sire, ne signez pas cette loi ; elle attirera de grands malheurs sur votre maison. »
Le roi répondit qu'il était lié par son gouvernement et signa malgré tout. Les biographes de Don Bosco rapportent que plusieurs deuils frappèrent ensuite rapidement la Maison de Savoie, événement que beaucoup de ses contemporains rapprochèrent de cet avertissement.

« Tu ne tueras pas » n'est pas une option

Aujourd'hui encore, des prêtres rappellent qu'une loi autorisant à donner volontairement la mort n'est pas une loi comme les autres. Pour la foi catholique, elle touche directement au commandement : « Tu ne tueras pas »1.

La question est d'autant plus grave lorsque le responsable politique se présente lui-même comme catholique. Car un catholique ne répond pas seulement devant les électeurs ou devant l'histoire : il répondra un jour devant le Christ.
L'Église enseigne que le jugement de Dieu, le Ciel et l'enfer sont des réalités. Elle rappelle aussi que chacun porte une responsabilité personnelle selon les actes qu'il pose librement.
Nul ne peut donc traiter avec légèreté une loi qui porte sur le droit de donner la mort à un innocent.

Le Sénat a demandé au Gouvernement de suspendre cette réforme. En Angleterre également, un projet comparable n'a finalement pas abouti au terme de son parcours parlementaire.

Pourquoi vouloir passer en force ?

Les avertissements de saints comme Jean Bosco ne relevaient pas de la menace politique, mais d'un appel à la conversion. Ils rappelaient aux gouvernants qu'aucune autorité humaine n'est au-dessus de la loi de Dieu.

Aujourd'hui, certains fidèles adressent le même appel aux responsables politiques : écoutez les voix qui vous demandent de renoncer à cette loi, non seulement pour le bien de la société, mais aussi pour le salut de votre âme et pour la paix de votre conscience.

Monsieur le Premier ministre, vous vous êtes publiquement présenté comme catholique. Si demain votre fonction devait vous conduire à poser un acte que votre conscience, éclairée par l'enseignement de l'Église, reconnaît comme gravement contraire à la loi de Dieu, alors le courage chrétien commande de ne pas coopérer au mal. Les saints nous enseignent qu'il vaut mieux perdre une charge, un honneur ou un pouvoir que de perdre sa conscience.

Obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes

Saint Thomas More préféra le martyre à la trahison de sa conscience. Saint Jean Bosco avertit un roi des conséquences spirituelles d'une loi injuste. Leur exemple demeure actuel : aucune raison d'État, aucune discipline de parti, aucune pression politique ne peut dispenser un chrétien de son devoir d'obéir à Dieu avant les hommes2.

Il est encore temps d'entendre l'appel du Sénat, qui a demandé la suspension de cette réforme. Il est encore temps de renoncer à une loi qui ferait de la mort un acte médical et bouleverserait durablement les fondements de notre civilisation.
Il est toujours temps de revenir en arrière.
Il est toujours temps de choisir la vie.


  1. Ex 20,13
  2. Ac 5, 29


Je soutiens Consecratio

L'association ne reçoit aucune subvention et souhaite vous offrir un contenu de qualité totalement gratuit. Nous faisons donc appel à la générosité de nos donateurs pour nous aider à supporter nos frais de fonctionnement.

(nous pouvons émettre des reçus fiscaux)