L'humanité dans tous ses états (2)
Chapitre n°2
L’homme juste entre en résistance — Une décivilisation
Si à l’origine la philosophie était perçue par les Anciens comme l’amie de la sagesse, il est légitime d’affirmer que, depuis René Descartes, elle en a été considérablement éloignée pour se transformer en un instrument au service des idéologies et détournée de la recherche de la vérité.
Nous sommes à la fois acteurs et responsables de cette décivilisation, que l’humanité a déjà affrontée au temps de Noé. Nous faisons face à une décadence profonde alimentée par une confusion généralisée, engendrant des troubles psychologiques, psychiatriques et physiques, ainsi que des frustrations affectives, le tout précédé d’un effondrement de la conscience morale… Elle développe des troubles touchant la conscience d’exister en tant qu’homme, jetant le doute quant à son identité ontologique. Il s’agit-là de conséquence liées au rejet de Dieu. Il en résulte un profond sentiment d’insécurité et d’incertitude qui affecte la société et l’individu. Aucun pouvoir ne semble remédier à cette crise qui est un appel à la conversion. Le mal domine les peuples, sa puissance s’accroît à chaque lever de soleil… La justice divine se manifestera avec une telle clartée que la création s’en souviendra. Tous sauront que DIEU EST DIEU !
L’homme naturel, qui se conforme à la loi morale et aux lois de création, ainsi que le fidèle se trouvent marginalisés par une volonté politique sous-tendue par celle du mal qui émane des anges déchus, ils exercent leur domination les cœurs impénitents. Les centres de pouvoir s’y sont soumis de leur plein gré et n'ont d'autre objectif que de nous entraîner à leur suite. Il s’agit d’une corruption qui dépasse le domaine financier. Certaines de ces élites ont sollicité l'assistance des anges déchus, tandis que les autres membres se contentent de poursuivre leurs intérêts et leurs inclinations peccamineuses. Tous se trouvent plongés dans une précarité morale, spirituelle et intellectuelle d'une profondeur abyssale, tragique, et irréversible pour certains. Ces puissances établissent des lois qui s'opposent à la loi naturelle. Les peuples endurent une oppression anxiogène qui est proportionnelle à leur éloignement de Dieu. La nature exprime son indignation face à l'impénitence des êtres humains, et ses manifestations de colère deviendront progressivement plus sévères. Elle plaide en faveur de sa libération.
Des forces nébuleuses s'opposent à toute forme de sanctification des peuples, compromettant leur intégrité et portant atteinte à leur dignité, en s'appuyant sur le relativisme et le rationalisme. Les médias se présentent comme des alliés fervents, contribuant à l'accélération du processus de décivilisation, en diffusant des produits culturels de moindre qualité aux effets destructeurs, en banalisant le mal et en culpabilisant ceux qui s'opposent à cette tendance et en dénoncent les conséquences.
Des forces obscures détournent les peuples de toute sanctification, détruisant leur intégrité, bafouant leur dignité en s’appuyant sur le relativisme et le rationalisme. Les médias sont leurs alliés zélés, ils accélèrent la décivilisation, diffusent des sous-produits culturels destructeurs, banalisent le mal et culpabilisent ceux qui résistent et le dénoncent.
Le fidèle a la grâce d’être désigné comme l’ennemi à abattre ; une accusation qu’il perçoit de l’intérieur même de l’Église, portée par des membres consacrés ou laïcs qui le marginalisent. Georges Bernanos l’annonçait dans ses œuvres, notamment Sous le soleil de Satan. L’Église ne fait pas exception à cette offensive : des membres consacrés, clercs et laïcs, sont des agents courant allégrement vers l’apostasie. Ils inculquent au sein du peuple chrétien un complexe de dhimmitude face aux autres religions et aux autorités séculières. Ils nous privent de paroles fortes, dénonçant le mal et exprimant une juste colère ; ils ne nous enseignent plus, ne nous éclairent plus. Tout au plus murmurent-ils devant la volonté de renverser le paradigme divin : ne dérangeons pas les princes de ce monde ! Ils condamnent ceux qui, parmi les clercs, ont une parole de vérité. Serait-il qu’ils soient assermentés aux forces du mal ? Certains consacrés ont quitté le Christ avant même d’entrer au séminaire, ils sont aujourd’hui évêques, prêtres, religieux… Nous observons que le fidèle est de plus en plus seul, qu’il ne doit compter que sur sa foi et sur la communion des saints. N’est-il pas urgent de revenir à l’Évangile ? N’est-il pas urgent de servir la vérité avec rigueur et charité ? Il incombe au fidèle, uni au successeur de Pierre, de porter cette humanité meurtrie par les mérites des plaies du Christ et celles du Cœur Immaculé de Marie, la Co-rédemptrice. Le baptisé ne manque de rien pour réaliser ce que Dieu attend de lui : être un enfant de Dieu, jouissant de sa liberté, alimenté par sa vérité et s'abreuvant à la source de son amour, émanant de son Cœur.
La dignité humaine est bafouée même dans ses replis les plus intimes. Les institutions publiques se retournent contre les citoyens : le scandale du Covid 19, la justice utilisée à des fins idéologiques, ainsi que la prolifération de lois contraires à l’ordre naturel. Multiplier des droits illégitimes, présentés sous couvert de nouvelles libertés alors qu’ils sont en réalité transgressifs, se constituant en des espaces infernaux nouveaux. Une dictature de l’infra-humain s’établit au cœur de chaque nation. Une violence qui se manifeste par la culpabilisation systématique de l’autre. L’être humain est réduit à la condition de consommateur consommable. On l’extrait de sa culture, de sa foi, de sa nation, ainsi que de son identité ; on lui impose même un sentiment de culpabilité en raison de son identité sexuelle. Derrière ces dévastations se profile un dessein : anéantir la mémoire de Dieu en chacun et socialement.
Rappelons cette vérité première : l’être humain constitue une personne dès le premier génome, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu1. Il est corps, âme et esprit. Sa dignité est constitutive de son être et son identité sexuelle en est un élément essentiel. Elle revêt une nature ontologique et irréductible ; s’y attaquer équivaut à anéantir sa dignité, ce qui attise la Justice divine, telle annoncée dans les Évangiles, confirmée par les mariophanies de La Salette, Fatima, Akita.
Tout homme conscient de cet état de décivilisation est confronté à un choix clair : entrer en résistance ou basculer dans les ténèbres. Il n’existe pas de position de neutralité ni intermédiaire pour quiconque a pris conscience d’être porteur d’une dignité qui l’outre-dépasse, le transcende. Le résistant catholique se doit être un modèle d’exemplarité : il doit s’appuyer sur les vertus, rejeter tout compromis et refuser la violence, laisser à l’adversaire l’entière responsabilité de ses actions sans jamais le provoquer. Il doit, avec constance, incarner pleinement ce qu’il est appelé à être, à savoir enfant de Dieu.
Nous vivons une période éclairée par l’eschatologie, soit les fins dernières, et Dieu, dans sa Providence, ne cesse de nous appeler à la conversion. Le fidèle s’engage dans une résistance pacifique, et par elle il manifeste la vérité et l’amour de Dieu envers le genre humain. Il interroge et remet en question les certitudes scientifiques érigées en dogmes par les pontifes du scientisme. Sa démarche et sa vie intérieure donnent le passage de grâces qui libèrent de l’emprise des idéologies. Parmi les idéologies, le scientisme reste l’une des plus dangereuses.
Le scientisme est une gnose qui domine cette fin de cycle, agissant en tant qu’allié du matérialisme scientifique ainsi que l’ensemble des idéologies antichrétiennes. Il n’est pas la science : la science, elle, reste légitime lorsqu’elle observe, mesure, découvre les lois secondaires de la nature.
Le scientiste proclame que seule la méthode expérimentale et le matérialisme sont nécessaires à l’homme. Il le réduit à un agrégat biochimique, le cerveau à « ordinateur humide », considère l’âme comme une illusion, réduit l’amour à de simples neurotransmetteurs, et interprète la liberté comme un déterminisme masqué. Il nie la dignité transcendante de la personne, rejette Dieu ainsi que la vérité du réel. Il suscite un paganisme nouveau : l’homme s’adore lui-même dans son génome. Il fait de la science un objet de culte monolâtrique, indissociable d’un mondialisme élitiste qui viole les consciences. Il nie la nature humaine, pour lui tout est possible : dénaturation des lois naturelles, il abolit celles régulant le mariage hétérosexuel, unions contre nature, thérapie génique germinale, utérus artificiel, eugénisme, transhumanisme, euthanasie, etc. Il érige la nouvelle tour de Babel, la tour biotechnologique. L’homme surajouté, transhumanisé, en constitue l’espérance : « Vous serez comme des dieux. » La plus vieille tentation du serpent.
Il a pénétré la hiérarchie de l’Église, et aura un appui de taille, avec l’évêque de Rome François et les évêques à l’exemple de l’Église de France qui, après avoir obtenu une extension de l’assiette fiscale sur les donations, se sont tus, devant les violations de consciences lors de la pseudo-vaccination anti-Covid 19 Elle a subordonné Dieu aux pseudo-règles sanitaires. Rabelais l’avait formulé : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Aujourd’hui, c’est au nom de la science que l’on nie l’existence même de la conscience. Dieu se trouve soumis à la toute-puissance de l’aspirine.
(à suivre...)
1 Gn 1, 26-27