Les trois prières du propre
La liturgie catholique romaine définit chaque jour pour la Messe ce que l'on appelle le propre, c'est à dire des textes spécifiques à chaque messe. Et dans ce propre figurent trois prières, qui invitent les fidèles à s'associer plus intimement à la liturgie. Mais quelles sont ces prières ?
Nous vous proposons ici un bref rappel des ces trois prières qui associent étroitement les fidèles au saint sacrifice de la Messe, rappel illustré par les textes du propre de la fête du Sacré-Cœur de Jésus dans le missel de 1962.
La collecte
Après le Gloria et juste avant la messe des catéchumènes, se place une première oraison propre. L'Église, assistée par le Saint-Esprit, nous donne à méditer sa collecte qui est aussi un modèle de prière à imiter.
Le prêtre baise l'autel, symbole du Christ, et se tourne alors vers les fidèles, les invitant à s'associer à cette prière, puis récite la collecte, les bras écartés et levés1, signe que l'oraison prononcée pour le peuple se dirige vers Dieu.
Les collectes suivent généralement un plan en quatre parties :
- Dieu : notre collecte s'adresse à Dieu, plus précisément au Père, comme presque toutes les oraisons antiques.
- Éternel et tout puissant : cette action de grâces précède la demande, comme une prière pour attirer les bienfaits de Dieu.
- La demande et la finalité : les formules sont toujours au pluriel, le prêtre demande pour les fidèles, pour toute l'Église. La demande est achevée par une justification (afin de...)
- Par notre Seigneur... : la conclusion affirme la médiation du Christ et l'unité de la Sainte-Trinité.
Dieu dans le Cœur de votre Fils, blessé à cause de nos péchés, vous daignez répandre miséricordieusement d'infinis trésors d'amour : faites donc, nous vous en prions, qu'en lui offrant le fervent hommage de notre piété, nous remplissions aussi notre devoir d'une juste satisfaction. Par le même Jésus-Christ, notre Seigneur, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans l'unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.
La secrète
À la fin de l'offertoire, se place une deuxième oraison propre. Elle exprime presque toujours la même idée, celle d'un échange entre le ciel et la terre : nous venons d'offrir des dons matériels en vue du saint-sacrifice, et nous espérons recevoir en retour le don céleste par excellence, le Seigneur Jésus.
Le prêtre baise l'autel, se tourne alors vers les fidèles, et les invite à s'unir à son sacrifice (Orate Fratres, Priez mes frères pour que mon sacrifice qui est aussi le votre puisse être agréé par Dieu le Père tout-puissant). Puis il dit la secrète.
La secrète est la plus ancienne prière de l'offertoire. Chantée à l'origine à Rome, elle est dite à voix basse dans le rit tridentin, puis à nouveau chantée ou dite à voix haute dans les missels de 1965 et 1969.
C'est l'Église qui a ordonné et député le prêtre pour ce sacrifice “in persona Christi”2, c'est l'Église toute entière qui est présente à chaque messe, même aux messes solitaires des moines et des ermites, et le servant représente les fidèles. C'est l'Église toute entière aussi qui en bénéficie : le Christ, sa tête, en reçoit la louange qui Lui est due, ses membres souffrants et militants, les secours qu'ils espèrent.
Nous vous en prions, Seigneur, considérez l'ineffable. amour du cœur de votre Fils bien-aimé : qu'au nom de cet amour notre offrande vous soit agréable et devienne en même temps une expiation pour nos péchés. Par le même Jésus-Christ, notre Seigneur, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans l'unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles.
La postcommunion
Après la communion et avant l'envoi et la bénédiction, se place une troisième oraison propre. La postcommunion prolonge sous la forme liturgique, l'action de grâces privée : ce sont toutes les intentions personnelles que le prêtre réunit et présente à Dieu.
Le prêtre baise l'autel, se tourne vers les fidèles, et chante ou dit à voix haute la postcommunion.
La communion est en effet une anticipation du ciel, même si notre sensibilité n'en perçoit rien, mais cet effet est passager. Si le vieil homme a reculé, il n'est pas mort et le combat va reprendre, mais avec des grâces accrues par la communion. C'est donc dans son prolongement que la postcommunion vient demander au Seigneur que nous en recevions tous les fruits.
Pendant le carême, la postcommunion est suivie d'une oraison “super populum”3, dans laquelle le prêtre intercède pour le peuple, tout en se tenant cette fois à part, à sa place de médiateur.
Que vos saints mystères, Seigneur Jésus, nous communiquent une ferveur divine, et qu'après avoir ainsi goûté les délices de votre très doux Cœur, nous apprenions à dédaigner la terre et à aimer le ciel : Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.
En résumé
Les trois oraison variables de la messe, collecte, secrète et postcommunion, concluent les rites de l'entrée, de l'offertoire et de la communion en associant les fidèles au saint-sacrifice de la messe. Ces oraisons s'achèvent par la conclusion Per Dominum nostrum...
Par notre Seigneur Jésus-Christ : ces mots affirment la médiation universelle du Christ, vrai Dieu et vrai homme, donc intermédiaire entre Dieu et nous : “Nul ne va au Père que par moi”. Cette intercession fonde notre espoir d'être exaucé : “Tout ce que vous demanderez en mon nom, Je le ferai”.
Qui vit et règne... : souligne l'éternité de Dieu et l'unité des trois Personnes. Les mystères de l'Incarnation et de la Sainte-Trinité sont donc présents à chaque oraison propre.
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