Fulton Sheen
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Le secret d’un apôtre : une heure chaque jour devant Jésus-Eucharistie

« Bienheureux Fulton Sheen, priez pour nous et pour l’Église ! »

Ce jeudi 24 septembre 2026, l’Église célèbre la béatification de Mgr Fulton J. Sheen, l’un des plus extraordinaires évangélisateurs catholiques du XXe siècle. La messe est célébrée à Saint-Louis, dans le Missouri, sous la présidence du cardinal Luis Antonio Tagle, représentant du pape Léon XIV.

Et cette béatification possède une résonance toute particulière pour Léon XIV lui-même : le pape a personnellement connu, dans sa jeunesse, l’influence de l’apostolat télévisé de Fulton Sheen.

Léon XIV : « je suis moi-même témoin de son évangélisation »

Le 1er juin 2026, recevant les Œuvres pontificales missionnaires, Léon XIV s’est longuement arrêté sur Fulton Sheen. Le choix était particulièrement significatif : Sheen avait lui-même été pendant de nombreuses années directeur national de la Société pour la Propagation de la Foi aux États-Unis.

Léon XIV déclara que sa béatification était « providentielle », puis rendit cet hommage remarquable à l’archevêque américain :
« L’archevêque Sheen fut une lumière de foi, d’espérance et d’amour qui a brillé pendant des décennies à travers les médias, la radio et la télévision. Je suis moi-même témoin de son évangélisation lorsque je grandissais. »

Le pape rappela ensuite l’immense fécondité de cet apostolat : les émissions de Fulton Sheen touchèrent des millions de personnes par l’espérance de l’Évangile, tandis que son action missionnaire procura une aide spirituelle et matérielle considérable aux jeunes Églises des territoires de première évangélisation.

Léon XIV souhaita alors que Fulton Sheen devienne un exemple pour les responsables des Œuvres pontificales missionnaires dans le monde entier.

Ainsi, lorsque Léon XIV parle de Fulton Sheen, il ne parle pas seulement d’une grande figure du passé : il témoigne avoir lui-même reçu quelque chose de son évangélisation.

Et hier, à la veille de sa béatification...

Le 23 septembre 2026, place Saint-Pierre, Léon XIV a de nouveau parlé publiquement de Fulton Sheen lors de son audience générale.

À quelques heures seulement de sa béatification, il a déclaré :
« Demain, à Saint-Louis, dans le Missouri, le Vénérable Fulton Sheen sera béatifié. »

Puis il a formulé ce souhait pour l’Église :
« Que l’exemple et l’intercession de ce saint évêque, connu pour son œuvre d’évangélisation à travers les médias, inspirent beaucoup d’autres personnes à trouver, elles aussi, de nouvelles manières de répandre le message de l’Évangile avec un enthousiasme joyeux. »

Ces paroles prennent aujourd’hui une force particulière. Plusieurs décennies avant Internet et les réseaux sociaux, Fulton Sheen avait compris que les nouveaux moyens de communication pouvaient devenir des instruments d’évangélisation.

Le secret de Fulton Sheen : l'heure sainte

Derrière l’homme de télévision, l’orateur, le professeur et l’évêque se cachait pourtant une vie intérieure d’une grande fidélité.

Fulton John Sheen naît le 8 mai 1895 à El Paso, dans l’Illinois. Sa mère le consacre à la Sainte Vierge après son baptême ; Fulton renouvellera lui-même cette consécration lors de sa première communion.

Ordonné prêtre le 20 septembre 1919 pour le diocèse de Peoria, il prend une résolution qu’il conservera toute sa vie : passer chaque jour une Heure sainte devant Jésus dans l’Eucharistie.

Malgré les voyages, les conférences, l’enseignement, la radio, la télévision et ses responsabilités épiscopales, il demeurera fidèle à cette promesse pendant ses soixante années de sacerdoce.

Il appelait cette Heure sainte :
« The Hour That Makes My Day » — « L’heure qui fait ma journée ».

Pour Sheen, elle n’était pas une pratique ajoutée à son apostolat : elle en était la source. Avant de parler du Christ à des millions de personnes, il commençait par demeurer silencieusement devant Lui.

L'intelligence au service de la Foi

Après des études à l’Université catholique d’Amérique, Fulton Sheen poursuit sa formation à Louvain, en Belgique, où il obtient son doctorat en philosophie en 1923 et devient le premier Américain à recevoir le prestigieux prix Cardinal Mercier de philosophie internationale.

Il enseigne ensuite pendant plus de vingt ans la théologie, la philosophie et la religion à l’Université catholique d’Amérique.

Mais chez Fulton Sheen, l’intelligence n’avait pas pour vocation de compliquer la foi : elle devait la rendre intelligible. Il avait ce don rare de parler des mystères les plus élevés avec des mots que pouvait comprendre l’homme ordinaire.

De la radio à la télévision

En 1930, il commence à intervenir dans l’émission radiophonique nationale The Catholic Hour. Pendant plus de vingt ans, sa voix entre dans des millions de foyers américains.

Puis vient la télévision.

Avec Life Is Worth Living — « La vie vaut la peine d’être vécue », Fulton Sheen devient dans les années 1950 l’une des personnalités les plus célèbres de la télévision américaine.

Le décor est d’une simplicité étonnante : un évêque en soutane et en cape, un tableau noir, une craie et la parole. Pas d’effets spéciaux : seulement une intelligence nourrie par la foi, un extraordinaire talent d’orateur et cette conviction que Jésus-Christ peut encore parler au cœur de l’homme moderne.

Des millions d’Américains le regardent. Fulton Sheen reçoit un Emmy Award en 1953.

Et parmi ceux qui furent touchés dans leur jeunesse par cet apostolat se trouve celui qui, des décennies plus tard, deviendra le pape Léon XIV.

L’Eucharistie, la Croix et Marie

Toute la spiritualité de Fulton Sheen s’articule autour de trois grandes réalités : l’Eucharistie, la Croix et la Sainte Vierge.

Sa dévotion mariale était profonde. Dès son enfance, sa mère l’avait placé sous la protection de Marie, et Sheen lui consacrera plus tard de nombreuses prédications et plusieurs ouvrages.

Marie est celle qui donne Jésus au monde.

Et c’est précisément ce que Fulton Sheen voulut accomplir avec les moyens modernes de son époque : donner le Christ au monde.

Évêque, missionnaire et fils de l'Église

En 1951, Fulton Sheen devient évêque auxiliaire de New York. Il est également directeur national de la Society for the Propagation of the Faith, au service des missions de l’Église.

En 1966, Paul VI le nomme évêque de Rochester. Après sa démission en 1969, il reçoit le titre personnel d’archevêque.

Quelques semaines avant sa mort, en octobre 1979, saint Jean-Paul II le rencontre à New York. Fulton Sheen, déjà très affaibli, tente de s’agenouiller devant lui. Jean-Paul II le relève, l’embrasse et lui dit :
« Vous avez bien écrit et bien parlé du Seigneur Jésus-Christ. Vous êtes un fils loyal de l’Église. »

Quelle épitaphe : avoir parlé du Christ, avoir écrit sur le Christ et être demeuré fils de l’Église.

Le miracle des 61 minutes

Fulton J. Sheen meurt le 9 décembre 1979, à l’âge de 84 ans. Sa cause de béatification est ouverte en 2002 et, le 28 juin 2012, Benoît XVI reconnaît l’héroïcité de ses vertus.

Puis survient le miracle qui conduira à sa béatification.

En 2010, James Fulton Engstrom vient au monde sans battements cardiaques ni respiration. Sa famille invoque Fulton Sheen pendant que les médecins tentent de réanimer l’enfant. Pendant 61 minutes : aucun battement cardiaque. Puis son cœur se remet à battre.

Après une privation d’oxygène aussi longue, de très graves lésions neurologiques étaient redoutées. Pourtant James se développe sans les graves séquelles auxquelles on pouvait s’attendre.

Après une enquête médicale et théologique approfondie, le pape François reconnaît officiellement en 2019 le miracle attribué à l’intercession de Fulton Sheen.

C’est ce miracle qui ouvre la voie à la béatification célébrée aujourd’hui.

24 septembre 2026 : enfin bienheureux

Aujourd’hui, des décennies après sa mort, des dizaines de milliers de fidèles convergent vers Saint-Louis.

Il y a quelque chose de profondément cohérent : l’homme qui avait utilisé les moyens de communication de son temps pour porter l’Évangile jusque dans les foyers est aujourd’hui béatifié devant des caméras qui permettent au monde entier de suivre la célébration.

Mais derrière l’homme des médias demeure l’homme du tabernacle.

C’est peut-être là que se trouve le message le plus actuel de Fulton Sheen : les moyens d’évangélisation peuvent changer, mais leur source demeure le Christ.

Léon XIV souhaite que son exemple et son intercession inspirent de « nouvelles manières d'annoncer l’Évangile avec un enthousiasme joyeux ».

Fulton Sheen nous indique aussi où commencer : auprès de Jésus-Eucharistie.

Les écrans ont changé. Les médias ont changé. Le monde a changé...

Mais Jésus-Christ n’a pas changé !




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