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Alors que les médias et les réseaux sociaux nous abreuvent d'images de violence, de haine et de division, face à ce spectacle de désolation, rappelons-nous ce que nous enseigne Jésus-Christ.

Jésus condamne la violence et la haine. Mais il ne nous enseigne ni l'indifférence devant l'injustice, ni la résignation devant les souffrances humaines. Lui-même a dénoncé les abus, défendu la vérité et manifesté une juste colère devant ce qui offensait Dieu.

Condamner la violence ne signifie pas condamner la colère légitime, ni refuser d'entendre les revendications de ceux qui souffrent. Nous devons entendre les inquiétudes de ceux qui peinent à vivre de leur travail, de ceux qui craignent pour leur avenir, de ceux qui se sentent abandonnés ou incompris. Mais nous devons aussi penser aux victimes des violences, aux commerçants dont les établissements ont été saccagés, aux travailleurs privés de leur outil de travail et aux familles qui en subissent les conséquences.

La justice sociale est une exigence légitime, tout comme le respect des personnes, de leurs biens et de la paix civile. Nous n'avons pas à choisir entre la paix civile et la justice sociale. L'une ne doit pas servir de prétexte pour étouffer les revendications légitimes, pas plus que l'autre ne saurait justifier la haine, les agressions ou les destructions.

Il ne peut y avoir de paix véritable et durable sans justice, pas plus qu'il ne peut y avoir de justice authentique fondée sur la violence et la haine. Aimer son pays, ce n'est pas dresser les Français les uns contre les autres. C'est se soucier de son avenir, entendre les souffrances de ses compatriotes, rechercher ce qui les unit et travailler au bien commun.

Quelle société voulons-nous pour demain ?

La France n'est pas condamnée à la division. Mais il serait peut-être temps de nous interroger plus profondément : quelle société voulons-nous pour demain ?

Une société qui laisse s'installer une culture de mort, qui relativise la valeur de la vie humaine et qui perd le sens de la dignité de toute personne ne risque-t-elle pas de faire grandir l'indifférence, les divisions, la violence et la haine ?

Comment prétendre construire une société véritablement juste et fraternelle si le respect de la vie humaine n'en constitue plus le fondement ?

C'est aussi le sens du rappel adressé à notre société par le pape Léon XIV lors de sa visite en France : la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable des autres droits humains.

Ce message nous invite à réfléchir. La paix sociale ne se construit pas seulement par des mesures économiques ou politiques. Elle suppose une véritable conception de l'homme, de sa dignité et de sa place dans la société.

Une société ne se construit pas uniquement à partir de revendications ou de programmes électoraux. Elle se construit d'abord à partir de principes, d'une vision de l'homme et d'une certaine conception du bien commun.

La doctrine sociale de l'Église : des principes pour construire notre société

C'est précisément ici que la doctrine sociale de l'Église prend toute son importance.

L'Église nous offre, à travers cet enseignement, des principes fondamentaux pour penser et construire une société plus juste, respectueuse de la vie humaine, de la famille, du travail, de la solidarité, de la subsidiarité et du bien commun.

La doctrine sociale de l'Église n'est pas partisane : elle est catholique. Elle ne constitue ni le programme d'un parti politique, ni une idéologie parmi d'autres.

Et contrairement à ce que certains pourraient imaginer, elle ne consiste pas à prôner un simple retour au religieux, à vouloir imposer la foi à la société, ni à réclamer le retour d'un roi catholique sur le trône.

République, démocratie représentative ou plus directe, monarchie : aucune de ces formes de gouvernement ne constitue, à elle seule, la garantie d'une société juste. Ce qui importe avant tout, ce sont les principes sur lesquels repose l'organisation de la société et la manière dont ils sont effectivement mis en œuvre.

La doctrine sociale de l'Église ne nous impose pas un modèle institutionnel unique. Elle nous donne les principes fondamentaux à partir desquels nous pouvons réfléchir à l'organisation politique, économique et sociale de notre pays.

Fondée sur l'Évangile et sur une conception de la personne humaine éclairée par la raison et la foi, elle s'intéresse aux réalités concrètes de notre vie commune : la famille, le travail, l'économie, la propriété, la justice, la solidarité, le rôle de l'État, les libertés et le bien commun. Elle nous donne ainsi les principes à partir desquels nous pouvons penser et construire un véritable projet de société, ouvert à tous les hommes de bonne volonté, croyants ou non.

La véritable question n'est donc pas de savoir quel régime politique nous voudrions restaurer ou instaurer, mais quelle société nous voulons construire, sur quels principes et par quels moyens.

La fidélité aux principes de la doctrine sociale de l'Église doit primer sur l'attachement à une forme particulière de gouvernement. Les institutions doivent être au service de l'homme et du bien commun, et non l'inverse.

Des principes à la réalisation d'un projet de société

Mais cet enseignement attend aussi que nous nous en emparions !

Encore faut-il prendre la peine de le connaître, de l'étudier, de le faire connaître et de réfléchir ensemble à sa mise en œuvre dans notre société. La doctrine sociale de l'Église ne nous livre pas un programme politique tout fait. Elle nous propose des principes de réflexion, des critères de jugement et des orientations pour l'action.

Plutôt que de commencer par opposer des programmes politiques, commençons par définir les principes qui doivent guider notre société, la vision que nous partageons et le projet que nous voulons construire.

C'est à partir de cette vision et de ces principes que nous pourrons ensuite discuter ensemble des moyens concrets, des institutions et du programme à élaborer pour les mettre en œuvre. Il ne s'agit donc pas seulement de dénoncer ce qui ne va pas, mais de réfléchir à ce que nous voulons construire.

La doctrine sociale de l'Église ne nous dispense pas de ce travail de réflexion et de dialogue : elle nous invite précisément à l'accomplir.

Il serait peut-être temps d'y penser plus sérieusement !

Car avant de nous demander quelles mesures adopter, nous devons savoir quelle société nous voulons bâtir, et au service de quelle conception de l'homme et du bien commun. La justice sociale, la paix civile et la charité ne sont pas des exigences contradictoires : elles doivent au contraire se soutenir mutuellement et constituent les conditions d'une véritable concorde nationale.

Se former, réfléchir, agir et prier pour la France

C'est pourquoi Consecratio.fr vous invite à découvrir, à étudier et à approfondir la doctrine sociale de l'Église, afin de mieux connaître les principes qu'elle nous enseigne et de réfléchir ensemble à leur application concrète dans notre société. Car il ne suffit pas de souhaiter une société plus juste et plus fraternelle : encore faut-il savoir sur quels principes la construire et comment les mettre en œuvre.

Ce travail ne peut se limiter à quelques déclarations d'intention. Il demande de la formation, de la réflexion, du dialogue et un véritable engagement au service du bien commun. Mais ce travail de réflexion et d'engagement doit aussi être porté par notre prière.

La formation et la prière ne s'opposent pas : elles se complètent. L'une nous aide à discerner et à agir, l'autre nous dispose à accueillir la grâce de Dieu pour accomplir ce qui est juste.

En ce mois d'octobre consacré au saint Rosaire, rappelons que la France figure parmi les intentions de prière de notre Rosaire vivant. Confions à la Très Sainte Vierge Marie notre pays, nos réflexions et nos projets pour son avenir. Demandons-lui d'intercéder pour que les cœurs s'apaisent, que les souffrances soient entendues, que la violence et la haine reculent et que nous retrouvions le chemin du dialogue, de la justice et de la paix.

Que notre volonté de construire une société plus juste, plus fraternelle et respectueuse de la vie soit éclairée par l'enseignement de l'Église, nourrie par notre réflexion, soutenue par notre engagement et portée par notre prière.




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